Néonicotinoïdes, « ne pas se tromper de combat ! »

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Les récents échanges entre le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et du ministère de la Transition écologique et solidaire ont engendré de nombreuses réactions enflammées dans la presse autour de l’utilisation de biocides de synthèses. L’Union Professionnelle du Génie Ecologique (UPGE) regrette que le fond du problème ne soit pas abordé et que les échanges consistent à empiler les arguments « pour » ou « contre » les produits phytosanitaires, ce qui n’est finalement qu’un combat entre deux lobbies.

L’UPGE considère qu’il convient d’interroger l’agriculture dans le cadre plus global de la finalité du modèle économique, sans approche dogmatique, pour continuer à bénéficier de services produits par les écosystèmes – dont la pollinisation – en reconnaissant l’apport de la science et de l’industrie qui permettent de produire aujourd’hui suffisamment pour nourrir l’ensemble de l’humanité (la faim dans le monde n’étant pas une question de production mais de répartition et de gaspillage). L’économie doit ainsi se donner les moyens d’être au service de l’Homme, de la vie et des territoires et se libérer des intérêts particuliers, qu’ils soient financiers ou politiques afin que les choix agricoles soient compatibles avec le bien commun.

On ne peut honnêtement minimiser le risque économique des agriculteurs en regard des agressions d’insectes, certains exploitants ayant ainsi perdu jusqu’à 70% de leur production de maïs l’année dernière (geomyza, oscinies). Tout le monde sait maintenant qu’il est indispensable de préserver la santé humaine et le bon équilibre des écosystèmes en réduisant les substances nocives, et il existe pour cela des alternatives agronomiques pour s’adapter à chaque type de conditions pédoclimatiques et culturales afin d’allier l’écologie avec l’agriculture. Ces techniques demandent une grande rigueur professionnelle et des compétences systémiques qui sont incompatibles avec toute approche dogmatique et centralisée. Il peut s’agir entre-autre de lutte intégrée, de choix d’assolement, de choix de variétés plus adaptées au contexte, d’utilisation de molécules adaptées à chaque cas, etc.

C’est pourquoi l’UPGE affirme que la première étape indispensable pour avancer techniquement sur la protection des cultures contre les ravageurs tout en préservant les populations humaines et non humaines est de développer un conseil agronomique vraiment indépendant qui soit en mesure de délivrer une information efficace au niveau de la parcelle et de l’exploitation agricole déconnectée de tout intérêt commercial.

Dans ce cadre, l’UPGE soutient l’action du Pôle du Conseil Indépendant en Agriculture, qui a développé un label particulièrement exigeant, reconnu par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, pour assurer l’indépendance totale des consultants vis-à-vis de toute tutelle ou influence économique et commerciale, mais aussi syndicale, philosophique, politique ou administrative.

Les résultats que nous observons depuis plusieurs années sur certains territoires permettent de diminuer considérablement l’utilisation d’intrants tout en maintenant – voire en augmentant – la productivité, et donc le revenu des agriculteurs. Ces expériences de terrain méritent d’être valorisées et dupliquées.

Pour l’Union Professionnelle du Génie Écologique

Patrice VALANTIN

Président

 

Contact :

Thomas Redoulez

06 16 97 96 59

tredoulez@genie-ecologique.fr