Mission accomplie pour l’éradication de la Jussie à Acigné !

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Les travaux de destruction de la Jussie sur deux étangs de la commune d’Acigné ont été couronnés de succès. Menés par Dervenn et Cardin TP dans le cadre des mesures de compensation écologique de la ligne à grande vitesse portées par Eiffage Rail Express (ERE), les opérations effectuées au printemps 2016 sont venues à bout de la Jussie.

La Jussie (Ludwigia sp.), une espèce exotique envahissante provenant d’Amérique du Sud avait envahi deux étangs autour de la ville d’Acigné (35). Suite aux sollicitations d’ERE, les élus de la commune ont proposé d’intégrer l’action de destruction de cette espèce comme mesure de compensation écologique pour le chantier proche de la ligne à grande vitesse Bretagne – Pays-de-la-Loire.

N’ayant pas de solution pour détruire facilement la Jussie : plusieurs acteurs se sont réunis le 17 mars 2016 pour échanger et élaborer ensemble une méthode d’éradication efficace, adaptée aux conditions écologiques et sociales. Le Centre de coordination, d’expérimentation et d’application du génie écologique (CCEAGE) a coordonné ce travail qui a réuni les entreprises intervenant pendant les travaux, la commune, l’Institut d’Aménagement de la Vilaine, les chercheurs d’Agrocampus, la DDTM 35, ERE ainsi que Louis Diard, botaniste, rédacteur de la Flore d’Ille-et-Vilaine.

Expérimentation

La méthode définie a ensuite été mise en oeuvre lors du printemps 2016 avec, en parallèle, l’information du public grâce à des panneaux explicatifs.

La plus grande partie de la biomasse a été arrachée mécaniquement sans que les machines n’aient à entrer dans les étangs qui ont ensuite été vidangé. Les restes de Jussie (racines et tiges) ont ensuite été raclées avec la terre de surface. Des fosses creusées au milieu des étangs ont permis d’enfouir sur place la biomasse arrachée et la terre contaminée. Une couche de terre minérale a été étalée par dessus, puis recouverte de terre végétale afin d’empêcher toute repousse. L’implantation de roselières et le semis de prairies a conclu les interventions.

L’étang du Chevré envahit par la Jussie. (Crédit: F. Reichert)
L’étang du Chevré pendant les travaux. (Crédit: F. Reichert)
L’étang du Chevré après les travaux en mai 2017. (Crédit: F. Reichert)

Résultats

En mai 2017, les objectifs sont atteints, puisqu’aucune repousse n’a eu lieu sur le premier étang. Sur le deuxième, seul une dizaine de pieds (sur plus d’un hectare!) ont repris et ont été arrachées manuellement. L’opération a été un succès et le retour d’expérience sera valorisée auprès de plusieurs groupes d’acteurs.

Lors de la réunion de restitution en mai 2017, où la ville de Rennes et la direction développement durable d’Eiffage se sont jointes aux acteurs déjà présents en 2016, plusieurs points de vigilance ont été mis en avant.

  • La gestion des eaux est essentielle pour ne pas contaminer les masses d’eau en aval. 1 cm de tige suffit à la Jussie pour repartir. Le triple système de filtre en cascade mis en place avec filtre à paille, filtre géotextile et fosse avec cage-grille et géotextile a été efficace.
  • Le transport de matériau doit être diminué autant que possible. C’est pour cela que la Jussie arrachée et la terre contaminée ont été stocké sur le bord de l’étang puis enfoui sur place dans les fosses.
  • Pour empêcher la repousse de la Jussie, il faut favoriser au maximum le développement d’un flore adaptée, spontanée ou semée, qui limitera la repousse de la Jussie et le développement d’espèces rudérales par compétition.

 

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