Projet PIESO: énergie photovoltaïque et biodiversité.

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Différentes phases d’un projet de construction photovoltaïque. (Crédit: Eco-Med)

Le projet Processus d’Intégration Écologique de l’Énergie Solaire (PIESO), coordonné par le bureau d’études ECO-MED depuis 2015, vise à expérimenter des méthodes d’intégration écologique des centrales photovoltaïques.

La filière photovoltaïque est plus consommatrice de foncier, à production énergétique équivalente, que les filières classiques de production d’électricité. Elle est de ce fait plus susceptible d’impacter les espèces et leurs habitats ainsi que de modifier significativement les fonctionnalités écologiques des territoires. L’intégration écologique des centrales photovoltaïques au sol, et leur contribution à la conservation de la biodiversité, pourrait par conséquent être un des fondements de la durabilité de cette filière.

 

Pâturage au sein des centrales photovoltaïques pour l’entretien d’une végétation rase. (Crédit: Eco-Med)

Les évolutions réglementaires récentes issues de la réforme des études d’impact et des nouvelles dispositions de la Loi sur la biodiversité de 2016 ont rendu indispensable et obligatoire le suivi des effets des mesures environnementales des centrales photovoltaïques sur les milieux naturels. Le projet PIESO, financé par l’ADEME et qui réunit un bureau d’expertise et de conseil en environnement naturel, ECO-MED, coordonnateur du projet, et un centre de recherche en écologie, l’IMBE autour d’un industriel du photovoltaïque, QUADRAN, a pour objectifs :

  • de développer une boite à outils pour l’évaluation écologique d’une centrale photovoltaïque;
  • de proposer les dispositifs et aménagements pour en améliorer l’intégration écologique;
  • d’analyser les méthodes de restauration écologique pour minimiser l’impact de la construction (travail du sol, destruction de la végétation).

Les protocoles d’évaluation sont testés in situ pour les communautés végétales, les populations d’espèces végétales patrimoniales, les orthoptères, les rhopalocères (lépidoptères), les oiseaux et les reptiles. Ces tests se déroulent sur 5 sites photovoltaïques dans le sud de la France, dans l’Aude et le Gard.

Au-delà de l’analyse des effets de l’implantation d’une centrale sur la composition des cortèges et la dynamique des populations impactées, les tests in situ sont complétés par une analyse bibliographique et les retours d’expériences des contributeurs du projet. Deux protocoles spécifiques sont par ailleurs mis en place pour tester la perméabilité écologique des centrales photovoltaïques – l’un portant sur l’effet local des clôtures (orthoptères) et l’autre concernant les continuités écologiques à plus grande échelle (rhopalocères).

Mesures de réduction et d’évitement des impacts. (Crédit: Eco-Med)

En outre, des techniques de restauration écologique sont testées dans l’objectif de minimiser l’impact de la construction des centrales photovoltaïques sur le sol et la végétation. Les modalités comprennent notamment le transfert de foin issu d’une communauté végétale de référence, l’apport de vermicompost favorisant la présence de vers de terre, un semis monospécifique de l’espèce dominante de la communauté de référence et un témoin non-traité. Ce dispositif a également pour objectif d’analyser l’influence des panneaux solaires sur le microclimat, le sol et l’installation des espèces végétales.

Les propositions pour l’intégration, la restauration et la gestion écologiques des centrales seront issues des résultats expérimentaux de toutes ces évaluations, complétées par des analyses bibliographiques et des raisonnements experts. Elles seront formalisées dans un outil d’aide à la décision à destination des aménageurs et exploitants de la filière photovoltaïque.