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Restauration écologique d’un cours d’eau : quinze ans après

La Compagnie des Forestiers présente un retour d’expérience exceptionnel, suite à un projet pilote de restauration écologique d’un cours d’eau mené en 2003 sur le fleuve côtier Le Vistre près du site de Bouillargues (30) sur près de deux kilomètres.

Le Vistre est un fleuve côtier, qui prend sa source au nord-est de Nîmes. Entre 1947 et 1951, il connaît de lourdes modifications de son tracé : recalibrage, rectification de méandres. Puis, dans les années cinquante, un important réseau de fossés est créé dans le lit majeur. Au final, au début des années 2000, le Vistre est rectiligne, s’est enfoncé de 1 à 2 mètres et a triplé sa capacité hydraulique, conduisant à une banalisation des habitats du cours d’eau. La ripisylve, perchée, est de ce fait déconnectée du lit mineur.

Ce projet pilote a nécessité de la concertation et de nombreux échanges entre les porteurs du projet de l’époque. La Compagnie des Forestiers est nommé mandataire en raison de son expérience acquise en génie végétal depuis 1992, le terrassement est attribué à l’entreprise Valerian.

Objectifs
  • Réhabiliter la morphologie et le fonctionnement naturel du cours d’eau.
  • Réduire le risque d’inondation.
  • Réduire les apports en pollution directe et diffuse.

Ouvrages prévus

  • Reméandrage sur 1900 mètres linéaires.
  • Végétalisation des berges.
  • Restauration des zones humides associées.
Mise en oeuvre des travaux : reméandrage et génie végétal
Ce chantier d’un an a nécessité la libération des emprises par abattage et débroussaillage. Le reprofilage des berges est réalisé minutieusement pour recréer un milieu propice à la renaturation. 86 000 m3 de terrassement sur 1900 mètres ont été réalisé pour créer le nouveau méandre avec : lit d’étiage, lit moyen, buttes, talus et 4 hectares de bassin de lagunage remodelés.

Entre l’automne et le printemps 2003/2004 nous intervenons sur le site pour mettre en œuvre des techniques de génie végétal dans le lit mineur, les berges, talus et buttes.

  • 1 000 ml de fascines de saules, et d’hélophytes
  • 5 000 m2 de géotextile
  • 1 550 boutures
  • 16 115 hélophytes
  • 10 000 arbres et arbustes
  • Ensemencement d’une dizaine d’hectares

Nous avons ainsi pu stabiliser les pieds de berges, créer des saulaies des mégaphorbiaies, cariçaies, et roselières. Sur les parties hautes, talus et buttes, nous avons établi des zones de biodiversité pour recréer la ripisylve dans son intégralité.

15 ans après…
Le milieu aquatique s’est diversifié, notamment en termes de vitesse de courant, la qualité de l’eau s’est améliorée les poissons sont plus nombreux, les libellules, indicateurs de qualité, sont bien présentes. On voit à nouveau aujourd’hui dans la ripisylve des insectes, des oiseaux, des castors et des promeneurs !

Stanislas Michalon
Responsable développement
La Compagnie des Forestiers

Pour découvrir le retour d’expérience dans son intégralité => La Compagnie des Forestiers

Le Vistre en 2018. Crédit : LCDF