Incendies : le génie écologique, premier bouclier des territoires
Après les feux qui ont ravagé la Gironde et le massif des Landes de Gascogne cet été, l’UPGE a transmis sa contribution à la Mission de reconstruction et d’adaptation des territoires lancée par le Premier ministre. Son message : renforcer les moyens de secours est indispensable, mais il faut aussi réduire l’exposition des territoires au risque. Pare-feu écologiques, feuillus indigènes, régénération naturelle et rétention d’eau forment le socle de quatre priorités pour reconstruire autrement.
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Des moyens de lutte nécessaires, mais pas suffisants
Les Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) se sont mobilisés à Paris pour alerter sur la nécessité de renforcer leurs moyens face à l’intensification des risques climatiques. Leur appel est légitime : les épisodes de sécheresse s’allongent, les saisons à risque s’étendent et les feux atteignent des territoires jusqu’ici épargnés.L’été 2026 l’a montré avec brutalité. En Gironde, dans le massif des Landes de Gascogne et dans d’autres forêts françaises, des milliers d’hectares ont brûlé, des communes ont été évacuées et des filières entières sont fragilisées. Face à l’ampleur des dégâts, le Premier ministre a créé une Mission de reconstruction et d’adaptation des territoires, à laquelle l’Union Professionnelle du Génie Écologique a adressé sa contribution.Pour l’UPGE, la réponse ne peut pas reposer uniquement sur la lutte. Elle doit aussi agir sur les causes de la vulnérabilité, en amont de la crise.
Une approche préventive et économe en moyens
Les Solutions fondées sur la Nature et le génie écologique constituent des leviers concrets pour réduire la vulnérabilité des territoires. En restaurant des écosystèmes fonctionnels, elles améliorent la rétention de l’eau, ralentissent la propagation du feu et renforcent la capacité des milieux à se relever après une perturbation.Ces approches sont aussi financièrement responsables. Les retours d’expérience montrent qu’un euro investi dans ces solutions génère entre 8 et 51 euros de bénéfices directs et indirects pour la collectivité, en dommages évités, en services rendus par les écosystèmes et en coûts de gestion de crise réduits. Réparer et entretenir une nature fonctionnelle, c’est en faire notre premier bouclier.
Quatre priorités pour le massif des Landes de Gascogne
L’UPGE propose de structurer la reconstruction et l’adaptation du massif autour de quatre priorités complémentaires.La première consiste à développer des pare-feu écologiques et fonctionnels. Plutôt que de simples bandes débroussaillées, ces coupures peuvent associer milieux ouverts, zones humides et lisières diversifiées, qui ralentissent le feu tout en favorisant la biodiversité, la rétention de l’eau et la résilience des paysages. La deuxième vise à massifier l’intégration des feuillus indigènes. Chênes, bouleaux, aulnes ou châtaigniers, mieux adaptés aux conditions locales, sont moins inflammables que les résineux et résistent mieux à la sécheresse. Leur présence en mélange ou en lisière limite la continuité du combustible. La troisième priorité est d’accompagner la régénération naturelle lorsque les écosystèmes en ont la capacité. Là où les sols et les semenciers le permettent, laisser la végétation repartir, en la guidant, produit des peuplements plus diversifiés et mieux adaptés, à moindre coût que des replantations systématiques. Enfin, la quatrième priorité fait de la rétention d’eau sur le massif un objectif central. Restaurer les zones humides, ralentir les écoulements et préserver les sols maintiennent des conditions microclimatiques plus fraîches et plus humides, qui limitent le risque de départ et de propagation des feux.
Un levier de développement économique local
Ces solutions sont portées par des entreprises implantées dans chaque région, qui connaissent leur territoire et mobilisent des savoir-faire techniques et scientifiques éprouvés. La montée en puissance de la filière représente une opportunité de création de 50 000 emplois équivalent temps plein d’ici 2030, des emplois locaux et non délocalisables.Le génie écologique soutient également les filières du végétal et de l’agroalimentaire, et contribue à garantir l’habitabilité, l’assurabilité et la sécurité environnementale des territoires. Dans un contexte où certaines zones deviennent difficiles à assurer, investir dans la prévention par la nature, c’est aussi protéger la valeur des biens et l’activité économique.
Reconstruire, et surtout se préparer
L’enjeu n’est pas seulement de reconstruire après les incendies. Il est de bâtir dès aujourd’hui des territoires capables de mieux résister aux crises de demain. Pour l’UPGE, cela passe par trois engagements conjoints : réduire les causes de vulnérabilité, faire des Solutions fondées sur la Nature un pilier de l’adaptation climatique et renforcer les moyens des services de secours.En alliant sécurité environnementale, création d’emplois locaux et gestion responsable des risques, le génie écologique apporte des réponses opérationnelles et rapidement mobilisables. Les entreprises de la filière sont prêtes à mettre leur expertise de terrain au service des travaux de la mission, pour des territoires plus résilients, plus sûrs et plus durables.