Faune en ville : penser l’habitat avant le nichoir
Le groupe de travail « Biodiversité urbaine » de l’UPGE publie le deuxième volet de son Guide des habitats et refuges de substitution pour la faune en milieu urbain. Cette édition de juin 2026 étend le propos, jusque-là centré sur le bâti et le sol, aux milieux humides et aux parcs et jardins, et porte à huit le nombre de groupes d’espèces traités. Elle conserve le parti pris du premier volet : raisonner à partir des besoins des espèces et du contexte écologique du projet, et non à partir d’un catalogue de produits.

Un constat de terrain
Nichoirs, gîtes, abris, hôtels à insectes : les aménagements pour la faune sont devenus courants dans les projets urbains. Les membres du groupe de travail font pourtant le constat que beaucoup d’entre eux restent inadaptés, malgré une bibliographie abondante. Le guide a été conçu pour répondre à cette difficulté, en mettant en avant le fonctionnement écologique de ces aménagements.
Il distingue pour cela deux réponses. Les refuges de substitution relèvent d’une approche « produit » : ce sont les gîtes, les nichoirs et les abris. Les biotopes refuges relèvent d’une approche « habitat » : aménagés selon les principes des solutions fondées sur la nature, ils forment un ensemble capable d’assurer les fonctions dont les espèces cibles ont besoin. Les seconds constituent l’objectif de la démarche de génie écologique. Les premiers ne sont installés que de manière temporaire, le temps que ces habitats se développent.
Partir des besoins des espèces
Le guide ramène les besoins d’une espèce à trois besoins vitaux : l’alimentation, la reproduction, le repos et le refuge. Chaque fiche évalue sur cette base les bénéfices écologiques d’un habitat naturel et de son équivalent de substitution, et indique s’il favorise le déplacement des espèces, de jour comme de nuit.
Il rappelle également un principe qui précède tout aménagement. La sobriété foncière reste la priorité : dans la conception des projets urbains, il convient d’éviter les impacts, puis de les réduire, la compensation des impacts résiduels demeurant une solution de dernier recours. La prise en compte de la biodiversité commence donc en amont, avant même la définition des programmes.
Ce que contient le volet 2
Le guide réunit désormais 25 composantes d’habitat, réparties en quatre habitats urbains. Le bâti et le sol, déjà présents dans le premier volet, couvrent notamment les combles, les toitures-terrasses, les façades, le photovoltaïque et l’éclairage, puis le bois mort, les feuilles mortes ou la rhizosphère. Deux habitats s’y ajoutent. Les milieux humides regroupent les berges, les mares, les noues et les plans d’eau. Les parcs et jardins vont de l’agriculture urbaine aux lisières, en passant par les espaces arborés, les pelouses, les prairies fleuries ou pâturées, les ronciers et les haies.
Huit fiches sont consacrées aux taxons. Aux oiseaux cavernicoles, aux chiroptères, aux insectes et à la macrofaune du sol s’ajoutent les reptiles, les oiseaux des parcs et jardins, les poissons d’eau douce et les odonates. Deux rappels réglementaires ouvrent l’ensemble, l’un sur les espèces protégées, l’autre sur la loi sur l’eau.
Des fiches conçues pour décider
Chaque composante tient en deux pages. La première met en regard les habitats naturels et les habitats de substitution, présente les espèces concernées, les bénéfices écologiques, la mise en œuvre et l’entretien. La seconde décrit les milieux, détaille les points de vigilance et renvoie vers les ressources de référence. Les fiches consacrées aux taxons précisent les besoins des espèces, les bons gestes à adopter et les situations dans lesquelles un refuge peut devenir un piège.
Le guide n’a pas pour objectif d’être un guide technique de réalisation. Il centralise les ressources disponibles sur le sujet et en propose une synthèse succincte par type d’habitat, en insistant sur les points de vigilance.
Un travail collectif
Mis en place en 2020, le groupe de travail « Biodiversité urbaine » réunit des entreprises adhérentes de l’UPGE. Ce volet a été coordonné par Mallaurie Brach (Sinteo) et Hélène Soyer (BE Nat’). Il a été rédigé et relu par des professionnels de Sinteo, BE Nat’, Urbalia, Id Verde, Eiffage, Sol & co, Egis, Ecosphère et SCE, la relecture générale et la mise en forme étant assurées par Alexia Léveillé (Hydrosphère). D’autres habitats et d’autres taxons viendront compléter ce travail.