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Agro-écologie et friches urbaines à Pierre-Bénite

Créer les conditions pour permettre le développement à faibles ressources d’une ferme urbaine d’environ 1ha. Valorisation des sols en place et création de la ferme (y compris avec bâtiment agricole nécessaire et serres tunnel).

La ville de Pierre-Bénite (69) souhaite développer une activité maraîchère en milieu urbain pour proposer aux habitants du quartier des légumes locaux bio et approvisionner des restaurations collectives (cantine scolaire et foyer sénior).

Après des études préalables, le site des Arcades a été sélectionné pour accueillir ce projet et le groupement de bureaux d’études SCE (Pilotage et Agriculture urbaine), ERANTHIS (paysage), JASP (urbanisme et architecture) et Sintec (fluides et structure) a été retenu, en septembre 2019, pour la maîtrise d’oeuvre de la ferme urbaine et des espaces publics associés. Le site en friche urbaine est une ancienne parcelle de logements sociaux, partiellement dans le périmètre du Plan de Prévention des Risques Technologiques du site Arkema de Pierre-Bénite.

Afin de mettre en culture les terrains pour accueillir le maraîchage, le scénario programmatique de la maîtrise d’ouvrage proposait une excavation de la terre sur les 30 premiers centimètres pour mise en décharge comme déchets, et l’apport de terre végétale agricole sur la même épaisseur.

Notre équipe de maîtrise d’œuvre a été retenue pour son approche alternative à faible ressource et impact environnement. Notre méthodologie proposait deux scénarii alternatifs, à étudier :

  • maintien des terres en place et travail du sol par amendements successifs sur les premières saisons pour retrouver un sol aux caractéristiques agro-économiques compatibles avec l’usage de production maraîchère Bio ;
  • apport de terres pour une production “hors sol” – avec différentes solutions techniques possibles (sacs géotextiles, cultures en lasagne – ou planche butte, bacs potagers, etc.) – et conservation des terrains en place.

Pour départager les scénarii, nous avons mené des analyses et diagnostics complémentaires pour caractériser à la fois d’éventuelles polluants (de 0 à 3 m de profondeur), mais aussi les caractéristiques agronomiques existantes des 30 premiers centimètres. Si des polluants s’avéraient présents, cela aurait éliminé de facto le premier scénario de valoriser les sols en place.

Ces analyses ont montré que les caractéristiques du site sont compatibles avec une activité agricole à destination de l’alimentation humaine.

La solution proposée est donc la valorisation des sols in situ. Cela passe, dans un premier temps, par le maintien des terres en place et l’instauration d’un travail du sol « dès que possible » afin de relancer l’activité biologique et d’améliorer leur fertilité, mais aussi, dans un second temps, par la proposition de recommandations pour accompagner et sensibiliser le futur maraîcher dans le développement à long terme d’un sol de qualité pour de l’agriculture biologique.

Un volet de communication – sensibilisation basé sur des tests pour démontrer l’absence de bioaccumulation dans les productions maraîchères (feuilles et racines) est aussi proposé.

Enfin, le projet se préoccupe également de la valorisation de la ressource en eau pour de l’irrigation, à la fois de l’eau de nappe et de l’eau pluviale (récupération des eaux de toitures) et devrait permettre d’atteindre une désartificialisation nette des surfaces localisées sur l’emprise du projet.

Pierre ROCA
Responsable du Domaine Environnement des Aménagements
SCE