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La gestion des milieux naturels au XXIe siècle.

Créé en 1964, l’Office National des Forêts (ONF) est le premier gestionnaire d’espaces naturels en France. Au titre du régime forestier, il gère 4,7 millions d’hectares de forêts publiques en métropole et 6 millions d’hectares dans les départements d’outre-mer.

Avec ses collaborateurs présents au quotidien sur tout le territoire, l’ONF est le spécialiste reconnu de la gestion durable des forêts et des espaces naturels ; cette histoire forestière ayant débutée dès le 13ème avec Philippe le Bel qui a mis en place le premier «plan de gestion » forestier.

Évolution climatique

Depuis une dizaine d’année, l’évolution climatique est perçue non plus comme une éventualité, mais comme une réalité ; les effets étant de plus en plus nombreux à travers la planète. Au-delà de la hausse de température moyenne estimée (et bien médiatisée), les effets sur les milieux naturels sont souvent méconnus. Toutefois, les caractéristiques de l’évolution climatique offrent des effets néfastes pour les nombreux habitats d’espèces que nous protégeons. Nous pouvons citer :

  • accentuation de l’amplitude thermique quotidienne moyenne : une différence de 20 degrés et + ne devient plus un cas exceptionnel ;
  • dérèglement du cycle de l’eau : l’eau est une nécessité pour les la faune et la flore mais l’absence ou l’excès sont préjudiciables. Pour exemple, le Hêtre (Fagus sylvatica) a besoin de 800 mm d’eau /an pour croître de manière optimale ; une réduction de cette quantité ayant de fortes répercussions sur sa longévité ;
  • hausse des températures : dans certaines régions, on observe des températures supérieures à 45 degrés en plein après-midi. Cet aspect engendre un assèchement de l’horizon humifère du sol ainsi qu’une réduction de la vie microbienne, indispensable à la vie des plantes ;
  • hausse des périodes venteuses: ceci ayant un effet asséchant préjudiciable à la reprise de certains jeunes plants forestiers.

Stratégie d’adaptation

À ce jour, et au-devant des caractéristiques d’évolution climatique évoquées, de nombreux écosystèmes mettent en place une stratégie d’adaptation, imposant des phases d’adaptation, de lutte et d’équilibre entre les différentes espèces animales et végétales en quête de nourriture, ombre, lumière et protection. Certes, ce cycle d’adaptation, positif ou régressif va demander du temps ; la durée de ce dernier étant conditionnée par le degré évolutif du changement climatique.

Le réchauffement contemporain est accompagné par un développement d’une flore et d’une faune dite « invasive (EEE)» ; cette dernière ayant parfois des incidences sur la santé publique (exemple : « brûlure » de la Berce de Caucase, Heracleum mantegazzianum). A ce jour, la lutte contre ces dernières au sein des écosystèmes autochtones est très complexe, car de nombreuses EEE ont développées une performante stratégie de colonisation, conforme à leur appellation. Pour exemple, la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) a pu modifier son comportement à l’encontre des basses températures et cette espèce est rencontrée régulièrement en milieu forestier. De même, la renouée du japon (Fallopia japonica) a colonisée une proportion non négligeable de zones rivulaires de nos rivières. Aussi, la surveillance phytosanitaire de nos écosystèmes est un vrai enjeu contemporain.

Quelle gestion adaptative ?

Accompagner la résilience des écosystèmes par la mise en place d’actions de génie écologique, tel est le défi de ce XXIème siècle pour tous les gestionnaires d’espaces naturels. Dans chaque projet de régénération forestière ou de végétalisation d’un site dégradé, la prise en compte des successions écologiques devient incontournable afin d’adapter et de modeler progressivement les flux écosystémiques ; ceci demandant une forte connaissance des habitats antérieurs. Les milieux naturels évoluant avec leur propre dynamique locale, il semble important de ne pas négliger le temps d’observation de terrain.

Éric GEOFFROY
Chef de produit national Environnement et Biodiversité
ONF