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Mise en oeuvre de mesures compensatoires pour Bordeaux Métropole.

Le bureau d’études Rivière Environnement a été missionné par Bordeaux Métropole en tant que maître d’oeuvre pour la réalisation des premières mesures compensatoires zones humides et espèces protégées de la direction territoriale Ouest (selon la direction précitée).

Deux projets en lien avec le développement de la technopole Aéroparc, hautement stratégique à l’échelle métropolitaine, l’implantation de l’entreprise Thalès et la création de la voie nouvelle Marcel Dassault, se sont en effet implantés sur un secteur de zone humide, impactant également des habitats de reproduction, de gîte et de repos d’espèces protégées.

Des sites de compensation ont été retenus dans le cadre des études liées aux demandes d’autorisation des projets pour une surface totale de 87 ha. L’un est situé au droit des zones de projet : site de Mérignac, planté en pins maritimes. Les deux autres sont à quelques kilomètres sur le même bassin versant : site de Bruges, boisements et prairies hygrophiles avec un secteur « sec » servant de site de ponte à la Cistude d’Europe et site de Blanquefort, peupleraie en zone humide en bord de jalle.

Notre mission consistait en la mise en œuvre des actions de restauration prévues par les plans de gestion des sites. Deux objectifs principaux ont guidé ces plans de gestion. Le premier était la création et la restauration de zones humides à hauteur de 150 % de la surface détruite. Le second était la création/restauration d’habitats de repos et de reproduction pour des espèces cibles (amphibiens, Cistude d’Europe, Fadet de Laiches).

Les 3 sites de compensation ont chacun fait l’objet de différentes interventions : création de mares et de dépressions, gestion de boisements, ouverture de milieux (création d’une lande à Molinie), élimination d’espèces exotiques envahissantes, restauration du fonctionnement hydraulique de prairies humides par la restauration de fossés et par la pose d’ouvrages hydrauliques permettant de gérer les niveaux d’eau, restauration d’une roselière dégradée…

Les travaux ont débuté en septembre 2017 et sont en cours de finalisation. Encadrés par nos soins, ils ont été réalisés soit en régie par Bordeaux Métropole, soit confiés à des entreprises spécialisées. Comme souvent en génie écologique, il a fallu faire preuve d’adaptation. Les opérations prévues dans les plans de gestion ont pu nécessiter des ajustements, par exemple du fait de l’évolution de certains milieux entre la rédaction des plans et la mise en œuvre des travaux ou pour pérenniser les travaux de restauration engagés en instaurant une gestion hydraulique favorable. Ce qui nécessitait la création de petits ouvrages de type pelles réglables.

Sur l’un des sites, la découverte d’un bosquet d’Ailante, espèce exotique (très) envahissante, au centre d’une clairière restaurée utilisée comme zone de ponte par la Cistude d’Europe a nécessité la mise en œuvre d’une méthode expérimentale. Cette espèce a la particularité de proliférer par drageonnement, il est donc impératif d’exporter l’arbre et son système racinaire. L’export étant compliqué sur ce site, nous avons procédé à la coupe et au dessouchage des individus (3 arbres matures + jeunes pieds) qui ont ensuite été enterrés dans une bâche hermétique afin d’empêcher la reprise. Un suivi régulier du site permettra de vérifier l’efficacité de cette méthode, tandis que les travaux de restauration entrepris seront complétés de travaux de gestion à long terme 30 ans, éclairés par un suivi écologique annuel des zones de compensation.

Morane Genêt
Écologue, référente biodiversité
Romain Comas
Gérant
Rivière Environnement