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Chantier d’arrachage d’EVEE sur le Parc National des Calanques

Le groupement La Compagnie des Forestiers – AGIR écologique réalise en ce moment un chantier d’arrachage d’espèces exotiques envahissantes qui représente un défi à la fois logistique et écologique, car situé sur le Parc National des Calanques, un milieu insulaire difficile d’accès.

Dans le cadre du programme LIFE Habitats Calanques, le Parc National des Calanques, maître d’ouvrage avec l’Agence Régionale pour la Biodiversité et l’Environnement de Provence-Alpes-Côte d’Azur (ARPE-ARB) et en partenariat avec la Ville de Marseille sur ce projet, a sélectionné le groupement La Compagnie des Forestiers – AGIR écologique afin de mener à bien ces interventions sur des sites à fort enjeu écologiques.

Les espèces concernées par la campagne d’arrachage sont l’Agave d’Amérique (originaire du Mexique), la Luzerne arborescente (originaire du Moyen-Orient) et le Figuier de Barbarie (originaire d’Amérique centrale). Les sites sur lesquels elles sont présentes ont été sélectionnés par le Parc National pour leurs particularités écologiques : l’île de Jarre, le Bec de l’Aigle, les calanques de Sugiton et des Pierres-tombées et l’île Ratonneau (une des îles du Frioul). Pour la majorité insulaires, ces sites ont la particularité d’abriter des espèces végétales protégées et d’accueillir la nidification d’oiseaux marins.

Une intervention qui fait appel à des compétences techniques couplées à une singularité logistique.

La gestion des rémanents est l’une des contraintes principales sur des chantiers d’arrachage des EVEE, dépendante évidemment des accès aux sites. L’accès aux îles, parfois sans appontement, nécessite une totale autonomie et des compétences de travaux sur cordes en milieu accidenté, voire de falaises. Ainsi, sur le Frioul, les rémanents ont été temporairement stockés en Big-bag sur site, pour être ensuite déplacés par héliportage vers une zone de stockage temporaire, puis transférés en déchetterie spécialisée. En revanche, sur l’île de Jarre, les rémanents ont été traités sur place, et stockés dans une cuvette naturelle soumise aux embruns, avec suivi de leur dégradation.

Le choix d’une entreprise de travaux de génie écologique dont le maître mot est l’adaptation au matériau de travail : le vivant.

Sur un chantier d’une telle ampleur, et d’une telle visibilité, l’intérêt pour le Parc National de faire appel à des entreprises spécialisées en génie écologique est évident. Les deux entreprises intègrent le maintien des enjeux biologiques (et en l’occurrence, la présence d’espèces protégées au milieu des zones d’intervention sur l’arrachage) comme l’un des critères de réussite du chantier. Ainsi, le choix de la période d’intervention, l’adaptation des techniques en fonction de la sensibilité du site, sont au cœur des préoccupations des équipes tout au long du chantier.

Depuis la fin du mois de septembre, une équipe de 8 personnes, sous une conduite de chantier menée par un écologue, intervient sur l’île de Ratonneau, pour l’arrachage de plusieurs espèces présentant toutes leurs difficultés : les Oponces (Opuntia stricta), les Agaves (Agave americana) et la Luzerne arborescente (Medicago arborea). Le chantier est assez gigantesque, car il couvre plusieurs milliers de mètres carrés, tous traités manuellement, parfois sur cordes. L’opération devrait prendre fin en novembre 2020 puis des suivis botaniques se tiendront sur 10 ans.

Retrouvez plus d’informations sur la plaquette de communication du projet.

Vincent Rivière
Chef de projet écologue à AGIR écologique